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L'ONU étend l'emploi des drones pour ses missions de maintien de la paix

L'ONU étend l'emploi des drones pour ses missions de maintien de la paix

Un rapport de l’ONU sur le développement technologique préconise l’utilisation de drones pour surveiller les zones de conflits lors des missions de maintien de la paix. Un outil qui suscite encore la controverse, notamment auprès des humanitaires.

Alors que les avancées dans le domaine des technologies militaires se multiplient, les Nations Unies restent bien "en deçà" technologiquement, selon un groupe d’experts mandatés par l’ONU et chargés de l’étude des "innovations technologiques dans les opérations de maintien de la paix". Ces derniers ont signalé dans un rapport publié en février, un dangereux désavantage dans ce domaine pour les Casques bleus, confrontés à des situations de violence et d'anarchie, par rapport aux armées sur place.

“Les missions de maintien de la paix au sol devraient bénéficier des mêmes capacités opérationnelles que n’importe quel gouvernement, qui s’appuie sur ses forces de sécurité et ses militaires", confie la dirigeante du groupe d’experts, Jane Holl Lute à France 24. “La technologie de visualisation aérienne est aujourd’hui utilisée par tout le monde, dans tous les domaines – agriculture, catastrophes naturelles, conflits. Les pays membres devraient donner ces moyens aux opérations de maintien de la paix, et demander un recours accru aux technologies avancées pour améliorer l'efficacité de ces missions", ajoute-t-elle.

En décembre 2013, les premiers drones onusiens ont commencé à scanner l’est de la région des Grands Lacs en République démocratique du Congo. Dans cette zone, des miliciens, des seigneurs de guerre et des forces gouvernementales ont combattu pendant plus de 20 ans pour mettre la main sur des terres riches en ressources minérales, provoquant ainsi l’une des guerres les plus meurtrières du monde.

L’ONU préfère décrire son véhicule aérien sans pilote ou "UAV", (Unmanned Aerial Vehicle en anglais), comme une "caméra volante" plutôt qu’un "drone". L’organisation a voulu éviter le terme de "drone", négativement connoté depuis les raids militaires américains sur le Pakistan et en Afghanistan. Prenant d’extrêmes précautions, les Nations Unis soulignent que ses appareils ont pour mission unique la surveillance, et non le combat.

Le déploiement des UAV en RDC intervient dans un contexte de polémique suite à la transformation de la mission en République démocratique du Congo en "brigade d’intervention" de l’ONU, une première. La création de cette force chargée de neutraliser les groupes armés et de préparer le terrain pour les activités de stabilisation, a fait suite à un vote du Conseil de sécurité en 2013. Celui-ci est allé à cette occasion à l'encontre de la doctrine habituelle de l'ONU, qui prône le recours à la force exclusivement dans les cas de légitime défense.

Après avoir aidé à vaincre la rébellion du M23 - principalement composée de Tutsi - en 2013, les UAV ont été déployés pour traquer d’autres groupes armés dans la région, notamment les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Ce groupe est mené par des extrémistes Hutus qui ont fui le Rwanda après avoir aidé à perpétrer le génocide de 1994. Aujourd’hui encore, ils continuent à propager l’idéologie génocidaire et ils sont accusés du massacre et du viol de milliers de civils dans la jungle du Nord et du Sud Kivu.

De la "vidéo surveillance de supermarché"

Les UAV sont appréciés pour leur rapidité et leur capacité à surveiller les miliciens sur le terrain, tout en épargnant toute prise de risque aux soldats de l’ONU. "Atteindre les FDLR dans la jungle est non seulement dangereux mais cela pourrait prendre des mois, et mobiliser des milliers d’hommes", explique une source officielle des Nations unies qui a tenu à garder l’anonymat. "Avec les drones, nous parvenons à épier leurs mouvements 24 heures sur 24".

L’officiel révèle que l’ONU utilise les UAV comme de la "vidéo surveillance de supermarché" - pas seulement pour surveiller mais aussi comme arme de dissuasion. Bien que les drones puissent voler à 5 kilomètres au-dessus des terres (où ils ne seraient pas aperçus), en République démocratique du Congo les opérateurs des drones ont pour ordre de les faire planer à la vue de tous, au dessus des camps des miliciens pour leur rappeler qu’ils sont observés. "Sans rien toucher, sans s’approcher, nous leur adressons un message clair : nous savons où vous vous trouvez, capitulez", détaille la source officielle.

Cette stratégie paie, bien que ses effets restent difficile à mesurer – dans le Sud et le Nord-Kivu, 186 soldats de bas rangs se sont déjà rendus à l’ONU qui leur avait fixé un ultimatum jusqu’en janvier 2015.

La Mission de l'ONU pour la stabilisation en RD Congo (MONUSCO) pense que ce chiffre pourrait représenter 15 à 25% de l’effectif du groupe. "Nous ne savons pas vraiment, car nous ignorons la taille exacte du FDLR", a admis un membre de la MONUSCO, sous couvert d'anonymat. "Tout comme la M23 ils ne forment pas une unité militaire : la plupart du temps ils n’opèrent pas en uniformes ; ils se fondent dans la population civile… Il serait extrêmement difficile pour nous de différencier les combattants, des non-combattants", avoue un membre de la MONUSCO.

Pour Martin Kobler, qui a dirigé la MONUSCO avant et après l’usage des drones, les renseignements récoltés par les UAV sont des outils cruciaux pour l’amélioration des efforts de maintien de la paix et pour la sécurité des Casques bleus. "Les drones présentent un avantage important" déclare l’ancien chef de la MONUSCO. "Tout le monde en veut."

L’interprétation des données récoltées par les drones reste à parfaire. Nombre des employés de l'ONU qui enregistrent et analysent les prises de vues effectuées en RD Congo sont des Européens qui ont appris leur métier dans le ciel poussiéreux de l’Irak ou de l’Afghanistan, loin de l’épaisse jungle congolaise.

Malgré tout, le savoir-faire acquis est déjà impressionnant. Une source officielle qui a travaillé avec les opérateurs en RD Congo indique qu’ils sont capables d’identifier un véhicule et parfois le nombre de passagers à bord, seulement à partir de l'empreinte d’un pneu dans la boue. À 4, 5 kilomètres ils peuvent relever une plaque d’immatriculation, et déterminer l’origine d’un tir grâce à une caméra thermique.

En RD Congo, les UAV sont à l’origine de trouvailles inattendues. Un radar maritime utilisé comme drone à la frontière rwandaise, a révélé que des contrebandiers avaient profité de la nuit pour transporter de l’or hors du pays par bateau. "Avant, nous n’avions pas idée de ce qui se tramait", a déclaré la source, ajoutant que depuis, la contrebande avait diminué. En mai 2014, plus d’une douzaine de personnes ont été secourues par la MONUSCO quand un drone a repéré une barque en passe de couler sur le lac Kivu.

Les données des drones apportent souvent des informations intéressantes, bien que les analystes soient incapables de différencier clairement les membres des FDLR des civils sur les images. Des photographies de la vie quotidienne dans les camps en disent long sur l’organisation sociale ou la santé des populations et des miliciens qui y sont mêlés. "Vous pouvez même compter le nombre de buts marqués par les enfants lors d’un match de football dans la rue", indique l'employé onusien qui a eu accès aux données au RD Congo.

"Rien n’a changé" sur le terrain

Ces anecdotes servent à légitimer l’utilisation de cette technologie remarquable au coût très élevé- le prix des 5 drones déployés en RD Congo atteint plus de 14 millions d’euros, soit 1% du budget de la MONUSCO.

Jusqu’à présent, les populations les plus vulnérables sur le terrain indiquent que les UAV n’ont rien changé à leurs vies quotidiennes. "Leur présence nous a d’abord rassurés car nous pensions qu’ils auraient un impact positif sur la sécurité de la région", explique un Observateur de France 24, Albert Gomabishi (pseudonyme) depuis le Nord-Kivu.

"Hélas rien n’a changé. Les gens se méfient des drones et ils ont commencé à faire confiance à l’armée congolaise plus qu’à la MONUSCO. C’est peut-être dû à un manque de communication. On ne se rend pas compte de leur importance, mais on ne voit que leur inefficacité dans nos vies quotidiennes … Qu’ils continuent à compter nos morts, c’est ce qu’ils savent faire de mieux !".

D’autres Observateurs de la région confirment que les drones sont "futiles", qu’ils constituent une "perte d’argent", bien que certains disent qu’ils se sentent toujours rassurés par leur présence.

La limite entre protection et intrusion est ténue, comme le soulignent les ONG, tout comme l'est celle entre "aide humanitaire et violence". "Si jamais les données collectées lors d’une mission humanitaire servent à des opérations de combats ou de renseignements militaires, on pourra considérer qu’il y a une claire compromission de la neutralité", ont estimé plusieurs ONG, dont Care et Handicap International, dans une déclaration commune en juillet 2014.

Les réticences des humanitaires

L’expert en technologie Patrick Meier, fondateur du premier réseau de drones à usage humanitaire, UAViators, estime que les Nations Unies devraient "ébaucher des recommandations pour initier les bonnes pratiques".

"Les ONG se sentent concernées car l’impartialité et la neutralité sont au cœur du principe humanitaire" indique-t-il à France 24. "Si au sol, les populations s’imaginent que les ONG tiennent leurs informations des militaires des missions de maintien de la paix, ils vont s’imaginer que nous sommes des espions, ou que nous sommes avec les militaires. Et alors, nous ne pourrons plus avoir accès aux terrains sensibles où nous devons nous rendre pour travailler".

Patrick Meier, également directeur de l'innovation sociale au Qatar Computing Research, a rejoint un groupe d’experts en données aériennes mandaté par l’ONU en novembre pour débattre de ce problème.

"Nous avons conclu que l’utilisation des drones humanitaires nécessitait un code de conduite à mettre en place rapidement", a estimé Patrick Meier, dans un rapport. "Il suffit de quelques incidents pour créer une stigmatisation à long terme, en particulier dans les pays sensibles aux problématiques de souveraineté."

Actuellement, l’ONU exige le consentement des États membres qui sont sous la surveillance de ses drones, mais il ne partage pas les données avec les pays concernés. "L’ONU a besoin de prouver que ce genre de données ne tombera pas entre de mauvaises mains, quelque soit la situation, même en cas de changement de gouvernement ", souligne l’expert.

Un règlement sur le partage et la dissémination des données est nécessaire, de même que l’intégrité des informations et la garantie de leur statut privé, estime Jane Holl Lute. Pour la directrice du groupe d’experts chargé de l’étude des "innovations technologiques dans les opérations de maintien de la paix", les renseignements récoltées par les Nations Unies appartiennent aux Nations Unies et doivent être traitées comme des informations onusiennes. "Des politiques et des procédures doivent être mises en place pour atteindre cet objectif", estime-t-elle.

Le rapport de février recommande d’étendre l’usage des UVA à toutes les missions de paix de l’ONU. "Nous recommandons vivement que toutes les missions, à quelques exceptions près, puissent bénéficier de la capacité de visualisation aérienne soit de drones", indique le rapport. Ainsi la mission de paix au Mali, la MINUSMA, devrait bénéficier très bientôt de plusieurs drones.


New York, 11/04/2015 (France 24 / MCN, via mediacongo.net)

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