Une conférence de haut niveau a réuni du 5 au 8 octobre à Kampala les délégués militaires de 27 pays africains, dont la RDC, autour des crises qui dépassent le champ de bataille classique.
C’est un tournant doctrinal que les armées africaines tentent d’opérer. Réunis à Kampala du 5 au 8 octobre 2026 à l’initiative du ministère ougandais de la Défense et des Forces de Défense du Peuple Ougandais (UPDF), les chefs d’état-major et délégués de 27 pays ont planché sur un thème d’actualité : « Renforcer les réponses adaptatives non combattantes face aux menaces sécuritaires complexes émergentes en Afrique ».
Loin des schémas classiques d’affrontement armé, les échanges ont porté sur trois axes majeurs devenus incontournables pour le continent : l’intervention des armées lors des catastrophes naturelles, leur appui à la réponse aux épidémies, et la protection des infrastructures critiques.
L’expérience de l’Est de la RDC au cœur des débats
La tenue de cette conférence en Ouganda n’est pas anodine. L’UPDF est engagée depuis 2021 aux côtés des FARDC dans l’Est de la RDC, dans la traque des terroristes ADF (opération Shujaa). Une double casquette, sécuritaire et humanitaire, qui a nourri les discussions.
La République Démocratique du Congo était représentée, avec notamment une délégation du gouvernement provincial du Nord-Kivu. Une présence jugée essentielle, Beni étant à la fois l’épicentre de la menace ADF et une zone sujette à des épidémies récurrentes.
« Il s’agissait d’examiner comment les militaires peuvent agir face à des crises qui dépassent les combats conventionnels », a confié un membre de la délégation nord-kivutienne.
Vers une doctrine africaine commune
À l’issue des trois jours de travaux, les participants ont plaidé pour une mutualisation des moyens et l’élaboration d’une doctrine commune africaine pour les interventions non létales. L’objectif : permettre aux armées de répondre plus rapidement et de manière coordonnée aux crises sanitaires, climatiques et humanitaires qui fragilisent le continent.

